Jean Chatelus n’a jamais collectionné pour la reconnaissance institutionnelle ni pour asseoir un statut social. Sa démarche était celle d’un passionné, mû par un rapport viscéral à l’art, où l’acquisition relevait davantage du dialogue intime que de la spéculation. Son appartement parisien, véritable antre du collectionneur, débordait d’œuvres entassées dans une mise en scène chaotique, où chaque pièce trouvait sa place dans un agencement dicté par l’instinct plus que par la logique muséale. « L’idée de conservation n’était pas prioritaire », explique Annalisa Rimmaudo, commissaire de l’exposition. « Il y avait des conditions climatiques extrêmes, de l’humidité, des œuvres entreposées dans des espaces improbables. » Pourtant, ce désordre apparent reflétait une immersion totale dans l’art, où la possession devenait une forme de cohabitation.
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