Rachida Dati, ministre de la Culture menacée, pèse ses options : rester dans un gouvernement en lambeaux ou filer vers la Mairie de Paris. Entre affaires judiciaires et valses politiques, le dilemme est cornélien. Et si la vraie question était : « Qui va porter mes valises ? »
Entre les cartons de déménagement et les dossiers judiciaires qui s’accumulent, Rachida Dati, ministre de la Culture en surchauffe, se demande si le 8 septembre sonnera l’heure de la retraite anticipée ou du grand retour. Chronique d’une chute annoncée, entre bijoux de luxe, intrigues parisiennes et la valse des gouvernements qui tournent sans elle.
Je pourrais vous parler de la motion de censure, de ce 8 septembre qui s’annonce comme un couperet, ou de François Bayrou, ce gentleman farmer qui m’a offert un strapontin ministériel comme on offre un bouquet de fleurs fanées. Mais non. Parlons plutôt de moi. Parce que, au fond, c’est toujours de moi qu’il s’agit.
Depuis que j’ai franchi les portes du ministère de la Culture, j’ai l’impression d’être une actrice dans un remake de « Le Dîner de cons » – sauf que, cette fois, c’est moi qui joue tous les rôles. La ministre élégante, la femme politique redoutée, l’éternelle candidate à la Mairie de Paris, et, bien sûr, l’accusée numéro un dans une série d’affaires qui feraient pâlir d’envie les scénaristes de « Plus belle la vie ».
Je ne suis pas une valise, mais on me trimballe depuis 2007
Ah, les bijoux. Ces petits éclats de lumière qui attirent les regards et les procureurs. On m’a tant parlé de mes montres, de mes bagues, de mes colliers… Comme si, dans ce pays, une femme ne pouvait pas s’offrir un peu de brillance sans que l’on crie au scandale. « D’où vient l’argent, Rachida ? » me demandent les médias. « De mon charisme, voyons ! » devrais-je répondre.
Mais soyons sérieuse : entre l’affaire Ghosn, où l’on m’accuse d’avoir touché des fonds suspects, et l’affaire Qatar, où l’on murmure que j’aurais été un peu trop généreuse avec mes amis du Golfe, je commence à me demander si je ne devrais pas ouvrir un compte en Suisse. Pour y déposer mes souvenirs, bien sûr.
La Mairie de Paris : mon Graal, ma Némésis, mon prochain procès
Paris. Cette ville qui m’a tant donné – des procès, des polémiques, des espoirs déçus. Je rêve de sa Mairie comme on rêve d’un amour de jeunesse : avec passion, mais en sachant que ça va finir en larmes. Anne Hidalgo m’a déjà regardée de travers, comme si j’étais une intruse dans son salon. Mais qu’importe. Après tout, n’ai-je pas survécu à Sarkozy, à Macron, à Bayrou ? Un petit conseil municipal, c’est de la rigolade.
Sauf que… il y a les affaires. Toujours les affaires. Comme une ombre qui me colle à la peau, plus tenace qu’un parfum de chez Chanel. « Dati, tu es trop toxique », me soufflent certains. « Dati, tu es indestructible », me répondent les autres. Alors, qui croire ?
Bayrou, Darmanin, Retailleau… et moi dans tout ça ?
Je les observe, mes collègues ministres, avec un mélange de pitié et d’amusement. Darmanin, avec ses sourires en coin et ses dossiers qui traînent. Retailleau, ce breton têtu qui croit encore aux vertus de la loyauté. Lombard, l’économiste qui compte les sous comme on compte ses jours. Et puis il y a moi. La survivante. Celle qui a traversé les gouvernements comme on traverse des tempêtes – avec élégance, mais les cheveux un peu ébouriffés.
Pourtant, cette fois, quelque chose cloche. La motion de censure n’est pas une tempête, c’est un tsunami. Et je ne suis plus sûre d’avoir envie de nager.
Partir ou rester ? La question n’est pas là
La vraie question, c’est : « Qu’est-ce que je vais faire de mes valises ? » Les remplir de dossiers compromettants ? De robes de soirée ? De promesses non tenues ?
Je pourrais rester, bien sûr. Faire semblant de croire que Bayrou a encore besoin de moi. Jouer les ministres martyrs, les femmes politiques inoxydables. Mais à quoi bon ? Les Français m’ont déjà jugée. Les médias aussi. Et les juges, bientôt, peut-être.
Alors, peut-être que le moment est venu de faire ce que je n’ai jamais osé faire : partir. Pas en fuite, non. En reine. Parce qu’une reine, même déchu, reste une reine. Et une reine, ça ne porte pas ses valises. Ça les fait porter.
Si vous me cherchez après le 8 septembre, je serai soit à la Mairie de Paris, soit dans un avion pour Doha. Ou peut-être en train de négocier un rôle dans la prochaine saison de « Dix pour cent ». Après tout, qui mieux que moi pour jouer le rôle… de moi-même ?
(c) Ill. Photo Mikhail Nilov

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